Du neuf ou passionnant

31/12/2023

Aujourd’hui, 31 décembre, encore un ! Depuis quelques jour, ça pousse, ça tord, ça vrille… dans le calme et la contemplation. Contemplation ? Ah oui ? Ben oui, j’écoute Philippe Delerm alors soudain, des mots fleurissent, plus ciselés et précis pour éclairer l’ombre. Et ce qui est éclairé devient lumineux, non ?

Bref ! Il y a un truc qui …des trucs qui… Écrire ? Voilà que la chose avait disparu de mon univers, pourquoi ? Parce que j’ai couru après la sécurité ? Créer ? Alors là oui, y a urgence, je m’étiole si je ne crée pas et peu importe le support. Déménager ? Du changement, de la métamorphose… Il m’aura fallu 15 ans pour que la révolution se fasse, jeter les vieux machins, prendre conscience des trucs moribonds. J’ai beaucoup couché sur le papier tels des vomissements impromptus, objet d’un livre aussi confidentiel qu’intime.

Écrire pour transmettre et dire à l’autre qu’il n’est pas tout seul, que nous ne sommes jamais seuls. Ou que nous le sommes totalement mais que cette solitude n’éloigne pas, elle rassemble dans le grand désert et qu’écouter c’est se relier, à soi, à l’autre.

Quoi faire de tout cela ? Il m’aura fallu 15 ans pour écouter ce que je suis, peindre les contours de ma vie et aujourd’hui j’étouffe d’être dans l’entre-deux. L’enfance courageuse et désinvolte, le courage chevillé au corps, l’impatience qui met en action, elle est où ?

Est- il possible de vivre insouciante en se construisant une vie à son image ? Alors quelle est- elle ?

Pour écrire, je dépasse ma peur du ridicule, du « pas assez » littéraire, riche, intéressant, léché… Le même regard que celui que je porte sur ma vie : est- elle remplie ? Gâchée ? Et évidemment, à me poser ce genre de questions, je me découvre observatrice de ma propre vie au lieu de la vivre. Mais quand j’observe, je vis aussi. Argh ! Oui, le mot du jour et peut- être de l’année 2024, c’est Contempler, pour vivre ! Arque-bouter sur les petits merveilleux. Pas uniquement la première gorgée de bière, lol ! Mais connectée à l’émotion, à la question essentielle, « ça me fait quoi ? » sans jugement aucun, écouter le Dedans pour déterminer la réponse au dehors. Être à mon écoute. D’aucun seront surpris par tant de crédulité mais je reconnais, j’ai longtemps oublié de me poser la question de ce que je ressentais. Ben oui, parce que dès lors que j’écoute ce qui surgit, ce qui gueule et vocifère, il est primordial de l’entendre. Et cette écoute signifie d’avoir le courage de prendre en compte, de ne pas rester quand ça fait mal, de sauver sa peau et de s’élancer dans le changement inconfortable qui clôt un chapitre sans que la suite ne soit écrite. C’est admettre que le projet enfin réalisé n’a plus aucun intérêt, qu’il était nécessaire mais pas essentiel, qu’il n’était qu’une étape, que sa raison d’être n’est peut être pas vitale mais nécessaire pour passer à la suite. Comme un parpaing enchâssé dans le mur pour créer l’édifice. A la pensée mélancolique du « tout ça pour ça » se substitue un « merci et ensuite ? ». Gratitude et émerveillement de reprendre le baluchon de l’en- Vie.

La sécurité tue. J’ai eu besoin de me mettre en sécurité mais elle m’enferme et doucement, inconsciemment j’ai glissé dans le morne, le tranquille et l’immobilisme. Salvateur pour observer mais il est temps de réinterroger ce qui est devenu ma norme, questionner, trouver le chemin de traverse qui fait de l’ennui une richesse, la patience un miroir scintillant de l’âme, des mots un prétexte à me rencontrer et à transmettre.

Unifier tout ? C’est déjà fait puisque je Suis ! Accepter le tout que je forme : faire abstinence de développement personnel, le grand machin informe et puant pour n’être que Soi et non plus une synthèse harmonieuse de petits bouts qui semblent hétérogènes. C’est la combinaison  de la mission de vie, de l’univers, des écrits, des mots, de l’intervention en prison, du théâtre, du clown, de l’art thérapie qui est Moi. Rien à choisir ! Tout faire avec plaisir et émerveillement comme la première gorgée de bière et passer mon chemin quand je m’ennuie… ou pas !

Écrire face à la mer, déposer mes humeurs et quoi ?

Le projet se dessine petit à petit et enfin je mesure que ce qui compte c’est d’en prendre le chemin, pas de le terminer avant de le commencer.

Donner mes découvertes intimes à des personnages pour écrire des romans ? Leur donner mes coups de gueule et mes épiphanies ? Pourquoi pas ?

Enseigner ? Former ? Est ce la posture du sachant qui m’intéresse ou est- ce d’éveiller l’autre à ce qu’il est déjà ? Un être parfait ! L’habitude érode et j’aime profondément voler d’un projet à un autre, créer avec l’invisible que je décèle chez l’autre , juste pour lui offrir ma vision gracieuse que j’ai de lui. Et oui !

Aller dans un collège pour un projet artistique, c’est voir les adolescents autrement et leur donner mon regard (j’espère!) bienveillant sans la lourdeur d’un programme, d’une échéance et l’usure du quotidien pour embrumer mon œil. J’apprends !

Intervenir en milieu carcéral, c’est voir les détenus sans la peine ni la faute, c’est rencontrer l’être humain sans juger (c’est déjà fait ou en instance de l’être !) alors quand j’y vais, je construis avec l’autre et y a intérêt que je sois authentique. J’apprends !

Créer une pièce de théâtre avec de jeunes migrants primo arrivants, c’est me nettoyer de scories conscientes ou non et accepter le regard de l’autre, le sourire après la souffrance, la pudeur qui masque l’impensable, le corps qui danse comme une résurgence de l’enfance, la pétillance chevillée au corps, la joie contre vents et marées. J’apprends !

Animer des ateliers clown, c’est mettre mes découvertes et mes intuitions au service de… Que l’autre se rencontre et s’aime avec ses merveilleux et ses tyrannies, qu’il chemine dans son chemin intérieur. Moments de partage et de grâce authentiques. J’y suis. J’apprends !

Dessiner mes HounE , mantras- jalons- symboliques pour préciser et borner le chemin afin de ne pas me perdre. C’est transmettre et surtout m’autoriser à écouter mon Dedans qui sait évidemment tout et qui se relie à l’autre, authentique et humain. J’apprends !

Écrire, déposer pour m’affranchir, mais surtout partager, des fois que je ne sois pas seule dans l’océan de mes pensées, doutes et découvertes. Ce serait cool d’être lue. Peut- être ne faut- il rien en attendre , juste dire pour que telle une bouée, mes écrits flottent et rencontrent ceux- celles à qui ils feront du bien…

Alors voilà, la conclusion est simple. Je suis déjà Parfaite et je fais déjà tout ce qui me nourrit et remplit mon être de bonheur. Que ce soit ici ou ailleurs, peu importe ! Quand j’écoute mon cœur, je suis à la juste place, ici et maintenant. Face à l’océan, seule ou accompagnée, sans entraves et libre, je Suis ! Authentique et reliée à mon Dedans, je suis bien. J’apprends !

Jubiler, prendre le temps, refuser les trucs et machins inutiles et si sécurisants qu’ils empêchent, suivre mon cœur malgré la moulinette de ma tronche. Tout est possible et rien ne s’oppose : avoir un lieu sécure pour partir, écrire pour raconter ce que je ressens, créer pour rendre compte de la beauté de l’autre, lui montrer ce que je vois de lui…

Voilà pour mon 2024.  Mon projet, c’est moi…

Dessiner, écrire, raconter, en clown ou en moi, j’avance, j’apprends ! J’accueille l’Autre …