Brouillard mental

Gavée de Netflix, Instagram, de prises de position féministe, anti masculiniste, je suis en pause…

A l’abri et en repli dans ma maison, à la campagne,

Trump a attaqué l’Iran, le monde des mecs s’embrase

Une cosmonaute, oui une ! poste ses émotions de voir la Terre depuis le haut, parle de l’unité humaine, de la fragilité de notre planète,

Est-ce normal de trouver cette phrase bizarre ?

Je suis ménopausée, j’ai 56 ans, je découvre avec émoi et horreur que je suis conditionnée, que je ne sais pas si je suis sur un site de rencontres parce que j’ai envie de rencontrer, partager avec un homme ou si c’est le modèle appris qui, malgré moi, me fait croire que j’aurais besoin d’être accompagnée pour réussir ma vie ?

Brouillard mental, tout me coute !

D’aucuns disent que nous sommes toujours seul, nous naissons seul, nous mourrons seul et parfois durant notre existence, nous croisons quelques personnes qui cheminent avec nous,

D’aucuns disent que se couper du monde, s’isoler, c’est signe de dépression,

D’aucuns disent que se couper du monde, s’isoler, c’est signe de guérison, de ce qui surgit quand je sors des réponses traumatiques et que je ne sais pas encore ce qui adviendra, quand mon système nerveux autonome accepte de lâcher du lest et de fonctionner sans hypervigilance et renoue enfin avec la liberté d’observer ce qui se passe sans surréagir, sans se sur adapter,

Je dirais que c’est le temps d’apprendre à dire Non quand c’est Non, de revisiter ce qui est un plaisir, un besoin, un élan, une contrainte, de m’interroger sur ce qui m’appartient de ce que j’ai appris, de renouer avec la douceur, la lenteur,

D’aucuns disent que vivre en recluse, cela relève d’un mal- être, d’une pathologie, de la psychiatrie…

Je dirais que c’est courageux, c’est un cri d’amour pour moi (ok, c’est joli de l’écrire mais en suis-je sincèrement là ?), c’est une tentative de me connaître sans le tourbillon des contraintes de tous ordres qui justifient de nourrir des systèmes intérieur et extérieur délétères,

Me voilà donc spéléologue de mes profondeurs, en pleine re-construction d’une maison et de moi- même,

En ce moment, je patauge dans les émotions et injonctions contradictoires, dans les peurs archaïques. Je ne sais plus pourquoi j’ai fait le choix de tout arrêter, de partir et refaire ailleurs, autrement, de me former pour réaliser mon rêve,

Aujourd’hui, je me lève dans un monde violent, en bout de course. J’allume le feu et je sais que j’ai la journée pour penser, couper du bois, faire du yoga, boire un thé, aller courir, écouter les oiseaux, bricoler, respirer, et en écrivant tout cela, je mesure

Le vertige de tant de possibles, l’effroi et le repos de ne faire défaut à personne, la peur de manquer, l’interrogation d’être hors système, le courage d’expérimenter et de tester que finalement, il n’y a rien de grave, si ?

Les courriers des administrations apparaissent comme sortis du sac de Mary Poppins, personne au téléphone pour expliquer, désarroi et colère,

Les appels intrusifs se multiplient, les invitations aux dépistages en tout genre s’enchainent, peur et colère,

Les rencontres n’en sont pas, chacun dans ses envies, incapable d’être clair avec soi et avec l’autre, frustration et colère,

Je suis et bien et mal avec ma solitude,

Je suis et en paix et en colère de vivre dans ce monde,

Je comprends et renie ce que j’observe,

Je suis et inadaptée et parfaitement lucide,

Je suis et logique et émotionnelle,

Je suis et sensible et forte,

Je suis heureuse d’avoir écrit ce matin.

Et vous, qu’auriez- vous envie d’écrire ?

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