Il serait une fois…

Il serait une fois une femme, pas jeune, pas vieille. Une femme un peu perdue entre son ventre et sa tête. C’est pas qu’elle soit idiote mais elle a bien du mal à faire du tri. Pourquoi? Pourquoi faire le tri? Pourquoi ne pas y arriver? … à faire le tri?

Il serait une fois une reine, de celle qui ont un cœur énorme et pas assez de mots pour les exprimer. Non! Cette reine s’est habituée à se rabougrir pour ne pas dire tout. Emberlificotée dans ce qu’elle croit qui est gênant. Alors elle ne dit pas. Elle est devenue servante servile, efficace domestique au service des autres. Elle écoute. Elle observe. Elle vit recluse. Elle a perdu de sa superbe mais elle l’est. Superbe!

Il serait une fois une gamine joyeuse, rigolarde qui danse sur les tables, qui rit fort. Y a un truc qu’elle ne s’explique pas et peu à peu elle se tait. Elle fait mais elle ne dit pas. Elle ne dit pas ce qui remue en elle, ce qui voudrait crier, rire. Elle danse , elle discipline son corps mais ne s’amuse plus. Elle parle mais ne dit pas. Même qu’un jour, elle arrête de manger. Tant qu’à disparaître!

Il  serait une fois une femme à la conquête d’elle- même. Une femme trop. Un petit bout de femme qui a peur de prendre de la place, de prendre sa place. Elle ne sait plus ce dont elle a envie, ni besoin. Elle se terre.

Il serait une fois, Moi, toutes ces femme, reine,  gamine et j’en ai marre d’avoir peur, d’être terrorisée. J’en ai marre de me faire chier, de m’ennuyer, de trouver la vie merdique, triste et inintéressante. J’en ai marre d’en avoir marre! Marre d’attendre que l’autre prenne ma main et me donne une place.

Alors, il serait une fois, une Moi qui dessine sur les murs, va ramasser des pommes de pin, va danser au bord de la mer pour le plaisir de sentir son corps en mouvement.

Il serait une Moi, sans peurs, détachée de la peur d’être, d’être abandonnée, rejetée, trahie.

Je n’y suis pas encore mais sans relâche, je chemine…

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